Comité de pilotage local de la Stratégie Chlordécone en Martinique : des actions renforcées pour informer, protéger et réparer.
Des résultats scientifiques pour mieux cibler les actions
Santé publique France a présenté les premiers résultats de l’étude Kannari 2, qui font apparaître une tendance globale à la baisse de l’imprégnation de la population par rapport à Kannari 1. Toutefois, l’exposition reste généralisée chez les adultes, avec des disparités selon l’âge, la profession, le lieu de résidence et les habitudes alimentaires.
Ces constats montrent la nécessité de renforcer les actions auprès des publics les plus exposés, notamment les travailleurs agricoles, les pêcheurs et les personnes pratiquant l’autoconsommation en zone polluée.
Prévenir les expositions et accompagner les populations
Les services de l’État et leurs partenaires poursuivront les plans de surveillance et des plans de contrôle des denrées (ventes en bords de route, abattage sous le manguier, zones de pêche interdite, etc.) et les contrôles des zones de pêche interdites, l’accompagnement des professionnels de l’agriculture et de la pêche, afin de favoriser le recours aux circuits formels et de garantir la sécurité sanitaire des productions.
En 2026
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2 201
Prélèvementsréalisés à date
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96,8%
de conformités
-
756
éleveurs accompagnés par le GDSM
58
Contrôles des zones de pêches interdites réalisés à date
La prévention auprès des particuliers se poursuit également, notamment grâce au programme JAFA, qui permet de faire tester gratuitement son sol, et au numéro vert de l’ARS, qui informe et oriente les personnes selon leur situation.
Numéro vert de l’ARS : 0803 333 380
Par ailleurs, les 19 projets « Chlor’Acteurs » qui ont été retenus par la Préfecture et l’ARS continuent de renforcer la sensibilisation, la protection et l’accompagnement des personnes impactées, en particulier les plus vulnérables.
Protéger la santé des personnes les plus exposées et les plus vulnérables
Le Centre régional de pathologies professionnelles et environnementales (CRPPE), basé au CHUM, qui propose des consultations personnalisées aux personnes concernées a exposé ses actions et l’étude CHLOR-DETOX, qui évalue une approche thérapeutique visant à accélérer l’élimination de la chlordécone dans le sang grâce à un probiotique.
Indemniser les victimes de maladies professionnelles en lien avec une exposition aux pesticides via le fonds d’indemnisation des victimes des pesticides
L’accompagnement des victimes de maladies professionnelles liées aux pesticides constitue un autre axe important de la stratégie chlordécone.
162
personnes ont obtenu un accord d’indemnisation auprès du Fonds d’indemnisation des victimes de pesticides (FIVP) entre 2021 et août 2026
L’association Phyto-Victimes poursuit son engagement auprès des personnes concernées, en proposant notamment un accompagnement gratuit dans leurs démarches. Elle organise des permanences mensuelles au François et au Lorrain afin d’accueillir et d’accompagner les personnes victimes d’une exposition professionnelle aux pesticides dans leurs démarches de reconnaissance et la constitution de leur dossier d’indemnisation. Elle propose également des formations à destination des professionnels de santé, afin de mieux les sensibiliser aux pathologies liées aux pesticides, d’améliorer la prise en charge médicale des victimes et de faciliter leurs démarches d’indemnisation.
L’association Phyto-Victimes est joignable au 06 96 09 42 26.
De la recherche à l’action : de nouvelles perspectives
La mobilisation scientifique se poursuit avec la sélection par l’Agence nationale de la recherche (ANR) de six nouveaux projets, financés à hauteur de 3,5 millions d’euros et impliquant notamment des équipes de recherche martiniquaises.
Ils portent notamment sur :
- les effets sanitaires de la chlordécone (cancers, pathologies féminines et maladies professionnelles),
- les maladies professionnelles,
- la sécurisation des pratiques agricoles et alimentaires
- et les inégalités sociales liées à cette pollution.
Ces travaux s’inscrivent dans la dynamique engagée lors du colloque scientifique et du Village des Chlor’Acteurs organisés en juin dernier à l’Université des Antilles.
La mobilisation collective se poursuit pour mieux prévenir les expositions, protéger les populations et accompagner les personnes concernées.